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Réfléchir pour mieux comprendre et gérer votre monde émotionnel

Santé mentale au travail:
Le coût de l'inaction

Il y a des dépenses qu'on voit passer dans le budget, ligne par ligne, et qu'on surveille de près.

Et il y en a d'autres, beaucoup plus lourdes, qui ne figurent nulle part dans les colonnes Excel mais qui grignotent l'organisation jour après jour.

La santé mentale au travail appartient à cette deuxième catégorie.

On ne la voit pas sur la facture, mais on la paie quand même. Et souvent, on la paie cher.

La puissance du recadrage: Distinguer les faits des perceptions

Vous recevez un courriel de votre supérieur immédiat. Une seule phrase: « Passe me voir dès que possible. » Huit mots. Rien de plus.

Et pourtant, à partir de ces huit mots, votre cerveau est déjà parti à la course. « J'ai sûrement fait quelque chose de mal. » « Il y a un problème avec mon dossier. » « On va m'annoncer une mauvaise nouvelle. » Ou, chez les plus optimistes: « Enfin, on reconnaît mon travail. »




Vos émotions ne sont pas un problème à régler:
Ce sont des messages à comprendre

Une réunion difficile vient de se terminer. Vous retournez à votre bureau. Votre cœur bat plus vite. Vos épaules sont tendues, votre mâchoire serrée. Une boule s'est installée dans votre gorge.

Vous essayez de passer à autre chose. Après tout, il reste des courriels à répondre, des décisions à prendre, des dossiers à faire avancer. Mais quelque chose reste là. Une irritation. Une inquiétude. Une impression d'injustice. Une fatigue soudaine. Un malaise difficile à nommer.

Série: facteurs de risques psychosociaux

Ce qui rend malade au travail...
Et ce qui protège réellement

Pour beaucoup de personnes, le travail devrait être une source de réalisation, de fierté et de stabilité.

Un endroit où l’on contribue à quelque chose de plus grand que soi, où l’on développe ses compétences, où l’on tisse des liens significatifs avec des collègues.

Pourtant, pour un nombre croissant de travailleurs, il est devenu tout autre chose : une importante source de stress, d’épuisement et de détresse psychologique.



Fatigue organisationnelle:
Et si on arrêtait de repeindre les feuilles en vert?

Quand les feuilles d'un érable jaunissent en plein mois de juillet, personne ne sort un pinceau pour les repeindre en vert.

On regarde le sol. On vérifie les racines. On cherche ce qui empêche l'arbre de se nourrir.

En organisation, on devrait faire la même chose avec la fatigue, l'absentéisme, le désengagement et l'épuisement silencieux des gestionnaires.



Le présentéisme en 2026:
Quand le corps est là, mais que la tête est ailleurs

En 2011, j'écrivais un article sur le présentéisme pour L'actualité médicale.

Quinze ans plus tard, force est de constater que le phénomène n'a pas disparu. Il s'est métamorphosé.

Le télétravail, la multiplication des outils numériques et la porosité grandissante entre vie personnelle et professionnelle ont créé de nouvelles formes de présence-absence.



Charge de travail:
Le syndrome du panneau électrique

On l'entend partout. Dans les corridors, dans les réunions stratégiques, dans les courriels envoyés à 21h30 : « L'année va être difficile, les budgets sont coupés, on manque de personnel… il va falloir faire plus avec moins. »

Cette phrase est devenue le mantra de la décennie. Mais soyons francs un instant, entre professionnels : le « faire plus avec moins », c'est une impossibilité mathématique et biologique sur le long terme.

Vous pouvez presser un citron tant que vous voulez, à un moment donné, il ne reste plus que l'écorce.

Autonomie décisionnelle:
Le syndrome du 'frein imaginaire'

Avez-vous déjà conduit votre voiture avec, à côté de vous, un passager un peu… disons, nerveux ?

Vous savez, cette personne qui s’agrippe à la poignée de porte, qui vous dit de ralentir alors que vous roulez à 45 km/h, qui vous indique quand mettre votre clignotant, et surtout, qui pèse constamment sur un frein imaginaire du côté passager dès que vous approchez d’une intersection ?

Rappelez-vous comment vous vous sentiez après seulement 15 minutes de ce trajet. Tendu ? Frustré ? Vidé de votre énergie ?

Soutien social:
Le mythe du loup solitaire

On adore les histoires de super-héros.

Dans nos entreprises, on a longtemps glorifié le «loup solitaire»: cet employé capable de tout prendre sur ses épaules, qui ne se plaint jamais, qui n’a besoin de l’aide de personne et qui livre la marchandise coûte que coûte.

Mais voici la réalité brutale : le loup solitaire, en 2026, il finit généralement en arrêt de travail.

Aujourd’hui, nos environnements de travail (surtout avec le travail hybride et la surcharge chronique) ressemblent de plus en plus à un chapiteau de cirque.

Reconnaissance:
Le syndrome du puit sans fond

Avez-vous déjà laissé tomber une roche dans un puits très profond, juste pour le plaisir d’entendre le fameux « plouf » au fond de l’eau ?

Imaginez la scène. Vous trouvez une belle grosse roche (votre effort). Vous la lancez. Vous vous penchez au-dessus du trou. Vous attendez une seconde… cinq secondes… dix secondes.

Et… rien. Le silence absolu.

C’est extrêmement troublant. Votre cerveau se dit : « Est-ce que la roche a disparu ? Est-ce que le puits est infini ? À quoi bon en lancer une autre si ça ne donne rien ? »




Clarté des rôles:
Le syndrome du soccer de maternelle

Avez-vous déjà assisté à une partie de soccer d’enfants de 5 ans ?

C’est un spectacle fascinant. Il n’y a pas de défenseurs, pas d’attaquants, pas d’ailiers. Il y a juste une grosse « grappe » de dix enfants qui courent tous en même temps après le même ballon, en se donnant des coups de tibia sans faire exprès. Pendant ce temps-là, le gardien de but est assis dans le gazon en train de cueillir des pissenlits, et le filet est grand ouvert.

On trouve ça mignon à 5 ans.

Mais quand je vois exactement la même dynamique dans les bureaux, les usines ou les cliniques du Québec… je trouve ça beaucoup moins drôle.

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